Quels sont les effets des CEM sur la santé
Une impossibilité scientifique : démontrer un non-effet
Si on part de l’hypothèse qu’un effet existe, et que son étude est scientifiquement à notre portée, alors ne se pose plus qu’un problème de moyens et de temps pour en établir la démonstration. Mais si l’effet n’existe pas, établir la démonstration scientifique de cette non-existence est impossible. Ainsi, on ne peut démontrer scientifiquement que les phénomènes surnaturels n’ont pas de réalité, ce qui n’empêche pas la communauté scientifique d’être convaincue de leur inexistence.
La garantie d’absence d’effet, autrement dit le « risque zéro », est donc scientifiquement impossible à établir.
Les limites recommandées
À plusieurs reprises, des organismes internationaux et nationaux se sont penchés sur la question d’effets possibles des CEM à très basse fréquence sur la santé. Leurs conclusions ont un poids considérable car elles expriment l’analyse de groupes d’experts reconnus et non l’opinion ou le sentiment d’individus isolés. De nombreux organismes scientifiques ont aussi étudié la question et sont arrivés à des conclusions similaires.
Le consensus de l’OMS
Dès 1987, se fondant sur des études scientifiques, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a établi une échelle classant par ordre d’importance les effets des courants induits par les CEM sur le corps humain. Elle a ainsi retenu la valeur de 100 mA/m2 comme seuil à partir duquel des effets neurologiques (mineurs et réversibles) peuvent être constatés. Adoptant un facteur de sécurité de 10, elle a fixé à 10 mA/m2 la limite fondamentale d’impact biologique des CEM à très basse fréquence. Cette valeur a été retenue par l’ensemble des comités d’experts internationaux et fait donc aujourd’hui l’objet d’un consensus.
- 1-10 mA/m2 : Effet mineurs aléatoires et non reproductibles
- 10 – 100 mA/m2 : Effets mineurs réversibles au niveau du système visuel et nerveux
- 100 – 1000 mA/m2 : Effets sur les tissus excitables, effets possibles sur la santé
- > 1000 mA/m2 : Risque de fibrillation ventriculaire
Les spécialistes de l’ICNIRP
L’ICNIRP (International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection) est un comité d’experts affilié à l’OMS et composé de médecins, de physiciens, de biologistes et d’épidémiologistes spécialistes des CEM. Se fondant sur un examen approfondi des publications scientifiques existantes sur le sujet, il a régulièrement publié depuis 1998 des recommandations concernant l’exposition humaine sur l’ensemble du spectre électromagnétique des rayonnements non ionisants (de 0 à 300 GHz). L’ICNIRP a établi des valeurs limites d’exposition aux CEM à partir des courants induits sur l’organisme.
L’ICNIRP établit des limites fondamentales pour les courants induits, appelées restrictions de base 2. Pour les travailleurs, dont les conditions d’exposition sont connues, l’ICNIRP retient la valeur de 10 mA/m2, fixée par l’OMS et unanimement reconnue, pour les très basses fréquences, dont le 50 Hz. Pour le public, où peuvent se trouver des personnes plus fragiles, l’ICNIRP introduit un facteur de sécurité supplémentaire et ramène la restriction de base à 2 mA/m2 pour ces mêmes fréquences.
Comme les courants induits ne sont pas directement mesurables et varient selon les parties du corps, l’ICNIRP établit une relation entre la restriction de base et les niveaux de CEM par un calcul. Ce calcul aboutit à fixer pour ces « niveaux de référence » des valeurs conservatoires suffisantes pour garantir, dans tous les cas, le respect des restrictions de base. Ces valeurs ont été reprises dans la recommandation européenne 3.
L’avis du NRPB
Le NRPB 4, organisme de recherche sur les rayonnements ionisants et non ionisants, est mandaté par le gouvernement britannique pour le conseiller en matière de protection de la population. À partir de son premier avis de 1992, il a rendu public en 2004 une quatrième mise à jour intégrant l’ensemble des nouvelles études, tant épidémiologiques que de laboratoire, publiées jusqu’à cette date. De cette somme, le NRPB conclut qu’aucun résultat scientifique ne requiert de modification des recommandations actuelles sur l’exposition des populations.
Il rejoint en cela l’avis de toutes les autorités sanitaires et notamment celui de l’OMS publié en 1999.
En savoir plus :
Pour connaître les valeurs de champs magnétiques, cliquez ici.
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